30 juillet 2010

Boum pour l'old school.



Les Arts de la Rue de Floriane Gaber 1 2 3 . Avec des majuscules partout puisque de phénomène subversif et politique on est passé par une institutionnalisation et un ramassage touristique pour revenir (bientôt) à un Art politique, esthétique, novateur, ambitieux et créatif.
Sans encore les avoir lus on peut quand même par expérience et réflexion dire que les Arts de la Rue sont en pleine mutation artistique. Les musiques improvisées, la danse contemporaine, les installations plastiques, les inventions technologiques, l'art et la manière d'aujourd'hui investissent dorénavant la Rue. Le mouvement est lancé, pour sur.

Car occuper la Rue ne peut se résumer à un spectacle de rue. Las des fanfares de jazzmen - qui jouent d'ailleurs très bien - ou de funk, las du théâtre jeté sur le pavé, las des cracheurs de feu et autres fous du diabolo, las des innombrables transports de scène en plein air ou des galéjades d'amuseurs .
Non pas que ce soit en soi de mauvais spectacles - qui oserait généraliser et penser que cela concerne tout et tout le monde - mais il est temps que les Arts de la Rue s'inventent une réflexion contemporaine de son avenir. Tout est encore à inventer. Modifier la perception de la Rue c'est aussi se jeter dans l'analyse de ce qui fait les perspectives, l'aspect physique du son, le jeu des abstractions, des détournements. C'est grandir à corps perdu des avancées de la musique contemporaine, de la notion de geste, de la valeur des images non narratives, du numérique et des inventions scientifiques, des apports plastiques des créateurs contemporains. Il est plus que temps qu'une culture des recherches artistiques actuelles nourrisse cet art.


La tentation est grande de s'arque-bouter sur des facilités de circonstance. Être acteur de la Rue ce n'est plus être musicien, comédien ou danseur. Il s'agit de se poser les questions d'une révolution intellectuelle. Un revirement de situation.
On à connu "L'art des bruits" de Russolo (1913 !!), le "ready-made" de Duschamp, Xenakis, Grisey, Bausch, Wim Vandekeybus* et pourquoi pas le monde de l'improvisation* (qui n'a rien à voir avec l'improvisation théâtrale bien sur) depuis longtemps. Il est maintenant plus que nécessaire de plastiquer les Arts de la Rue traditionnels et de tenter, d'oser, d'inventer de nouveaux réflexes, de nouveaux horizons et des libertés moins confortables.
La prétention des envies ! Avancer passe parfois par une tabula rasa. Ou du moins un regard critique. Mais surtout ce désir de ne pas appliquer les codes, de se payer le luxe de répondre à l'appel de demains chantants. Pas contre mais pour. Et ce "pour" c'est le notre (à chaque génération son utopie). Celui qui se donne l'air d'une libération curieuse et inventive, responsable et métaphysique, assoiffée et sans limites.


Pas de panique ! L'époque change. Cela se perçoit déjà. Ca frémit. Les Arts de la Rue sont en pleine mutation. Petit à petit l'œil et l'oreille du spectateur appellera à la curiosité. C'est aussi lui qui poussera aux fabrications merveilleuses de demain.

27 juillet 2010

Notre Chalon dans la rue


Après 4 jours de cavalcade dans ce Chalon dans la rue pour des rencontres pour la prochaine création "Entrailles", pour les réunions Falar/Far-Est et Rue Libre (bientôt sur le blog de la FALAR) et aussi pour voir des spectacles, je me pose devant l'ordi pour faire partager à qui veut mon ressenti sur ce festival. On ne peut pas tout voir et la diversité est énorme, pour notre part nous avons fait une petite sélection des compagnies amies, des compagnies qu'on ne connaît pas et des spectacles qu'on nous conseille. Nous avons vu Molière des Goulus (off), Pipototal (in), Les Seaux de la Valise (off), Tragédie d'un poème (in), Volubilis (off), Musicabrass (in), les Batteurs de Pavés (off), Page blanche (in),La mâchoire 36 (off), Rosette (off du off), la fanfare de St Coin (off), Numéros 8 (off), le groupe Zur (in) et Gab Fabing (Off du Off). Je ne parlerai pas de tous, certains nous ont plus et d'autres moins mais j'ai quelques coups de coeur que j'ai envie de partager. Michael

Musicabrass... Géantissime!






Musicabrass est une fanfare, la seul à jouer sur billetterie (ils sont dans le in), on arrive sur une place et on découvre une fanfare, pour l'instant rien de surprenant. Mais très vite il nous donne des ustensiles à mettre devant nos oreilles pour changer la perception du son et le voyage commence. Ca continue dans la rue ou les musiciens se mettent à faire sonner le mobilier de la rue (exactement comme des branks) grincements de vitres, de chaises, frottements de pavillons sur les murs (j'adore) et secousses de plantes vertes. Puis c'est tous les son d'une ville, du plus petit (boite aux lettre, feuille dans les arbres, volets roulants, portes de garage jusqu'au plus grands, manif de rue, Klaxon, sirène avec lesquels ils jouent et qu'ils mélangent avec une musique écrite pour fanfare. On continue dans une cour pour y découvrir des installations sonores incroyables et ils vont même jusqu'à reproduire le 4 minutes 33 de John Cage en déambulation dans une rue puisqu'ils ne jouent pas du tout pendant 5 minutes pour nous inviter à écouter les sons qui nous entourent. On ressort de ce spectacle avec des autres oreilles, tout est musique (de rue). John cage disait "quand un son te dérange, écoute le"; Musicabrass compose, dispose, intègre tous les sons et les transformes en musique et c'est magnifique. Michael
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Rosette c'est génial!


Un trio de Nancy complètement barge sur scène, du délire, de l'absurde, du vent, du kitsche, des gadgets détournés et du groove qui tourne grave de grave et qui ne se prend surtout pas au sérieux. Ils ne tiennent pas en place, ils sont incontrôlables, ce sont des enfants. On ressort du concert avec un vent de liberté. Michael

Zur... superbe plastique!




On vous invite à regarder l'horizon en pleine nature avec des installations plastiques très belles, on vous fausse les perspectives, on vous invite au voyage. Zur choisi de changer les points de vue, les points de fuite, les focus pour ouvrir les portes de notre imaginaire. Pas de compréhensible mais du sensible, de l'image mariée au paysage. Je me laisse porter. Ils terminent le spectacle par une fanfare des plus originales avec des instruments bricolés et très inventifs. D'ailleurs toute la création sonore et musicale est une vraie réussite. Michael

Les autres demain

Numéros 8




J'ai vu le spectacle à Z'arts Up et je conseille fortement Zabote d'aller le voir qui revient avec le même sentiment que moi. Une proposition forte, simple, engagée et très efficace. 18 comédiens dans la rue qui nous montrent l'absurdité et les limites tragiques de l'ultra-libéralisme. Un des meilleurs spectacle de rue que j'ai vu cette année. Michael

Page Blanche



Un buzz énorme autour de ce spectacle mais pour ma part, je ne suis pas fan de la musique quand elle est rythmée ni des interventions scandées des peintres, mais le travail graphique est incroyable. Il y a une vraie patte sur cette toile de 10m x 10m éphémère et collective. Michael

Les Seaux

Une toute petite forme marionnette de rue de 12 minutes sur le deuil par la Cie la Valise. Un bel univers qui parle à tout le monde d'un sujet pas facile, qui remue, qui interpelle. Michael

Bilan Chalon

Voilà nom petit bilan de Chalon, j'ai aimé d'autres spectacles mais j'en parle pas par manque de temps et je me suis focalisé sur la musique et surtout les nouvelles écritures musicales en rue car malheureusement, la presse n'en parle pas. La musique de rue reste pour beaucoup du funk ou du Klezmer. C'est dommage.
Chalon reste un festival incontournable ou le risque artistique à sa place (c'est rare) et il y a un public pour ça.
La presse ne joue plus le rôle de critique, c'est un peu la tendance générale actuelle, elle informe, elle ne s'engage pas.
J'adore regarder Jacques Livichine regarder des spectacles. C'est un spectacle à lui tout seul.
On n'était pas beaucoup d'artistes dans les réunions des fédés, l'artiste aujourd'hui ne s'engage pas non plus mais il en reste un certain nombre qui font un travail souterrain remarquable.
Michael

21 juillet 2010

Chalon dans la rue

C'est parti pour Chalon dans la rue quatre jours de spectacles, de rendez vous, de réunions et présenter la nouvelle création prévue pour 2012 "Entrailles". On vous racontera. Michael

16 juillet 2010

Les Branks et la St Cécile à Longwuy samedi soir

En attendant samedi soir voici quelques photos des Branks de Fred ROMAC au festival RenaissanceS ICI. Michael

14 juillet 2010

11 juillet 2010

Oh Oh Oh


Les Branks à "Hop Hop Hop"* à Metz. Un festival de Rue du tonnerre. Avec quelques inconvénients type déchirure musculaire. D'où l'heure du billet en come back des urgences. "Bah Bah Bah".
Les Branks hyperactifs, les Branks cascadeurs, les Branks démolisseurs, les Branks supersonique ! Tout comme Ulik*, tiens, qu'on a vu passer tel a rocketman. "Bref Bref Bref".

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Mais l'homme qui tombe à pic c'est un peu les risques du métier (un métier ? ça ?). Un engagement, des tentatives, de périlleuses tentatives. Il faut bien nourrir les arènes de Rome. Le réacteur d'Ulik et les cascades des Branks.


En vérité, non. Simplement les Arts de la Rue ont cette dimension physique. C'est typique. Jouer dehors c'est appréhender une Rue qui n'est pas à soi, que l'on ne connait pas. Lorsque l'on reste dans les clous tout se passe à merveille mais lorsque ce sont les poubelles, les fenêtres, les barrières, les murs, les véhicules, les spectateurs, les commerces, les pavés, les égouts, les voitures de police, les terrasses, que l'on utilise, et bref, lorsque l'on prend la Rue, alors là tout devient plus incertain.
A la fois pour l'objectif esthétique (le rythme, le sens, la justesse, la dynamique, la tenue, l'inventivité, la musicalité, la fraicheur, la beauté de l'improvisation) et à la fois pour le corps. Corps qui se jette là où il ne faut pas, escalade, joue en courant et pour tout dire risque de perdre ses dents.


Mais voilà, il faut nourrir les arènes de Rome. C'est indéniable, malgré toutes les improvisations et autres curiosités palpitantes, le risque, le spectaculaire, la frayeur peut prendre à un moment donné le pas sur le fond du spectacle. Il faut donc jouer avec cette donnée (souvent ontologiquement lié à la Rue) qui peut vite vous emporter , sinon aux urgences comme ce soir - mais aussi comme à Esch il y à peu - tout du moins dans une sorte de démagogie facile et séduisante de l'exploit tonitruant. L'Art de la Rue c'est tout un Art. De l'Art et du temps. Temps de réflexion, de pratique et d'expérience.

Bon. Il reste un avantage. On passe parfois sur France Bleue, comme çà, au débotté....


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09 juillet 2010

branksametzpourtoutdébouleretqueriennerestedebout.


Les 10 et 11 juillet. Whop Hop Hop ! Normal. Festival "Hop Hop Hop". L'occasion d'aller faire le mariolle en Girafe. En vérité... des tas d'expériences improvisées (car ce groupe est un bazar tout improvisation), des paquets de Rue déformée, des tonnes de People locaux ré-enchantés, la rigolade à coup de musique élitiste, d'art des bruits, et de roulades acrobatique sur le bitume - notre bac à sable. Ça va fumer sévère dans les ciboulots et se gondoler grave lors des assauts du nimp' dans les rues de Metz.
Et après ? Et après ?

05 juillet 2010

Nouveau projet Fanfarnaüm



C'est parti pour un nouveau Fanfarnaüm avec la batterie fanfare de Longuyon (54) en partenariat avec la Codecom et Scènes et Territoires en Lorraine.
Une Batterie fanfare c'est particulier, pas de saxophones, pas de trompettes, pas de clarinette. Il n'y a que des clairons, des cors de chasse, des trompettes de cavalerie et des percussions.
Bref 35 musiciens de tout âges motivés avec leur chef Fred pour rencontrer les Branks et leur univers. Michael




04 juillet 2010

Bienvenue Perrine !


Notre nouvelle "chargé de production". Bienvenue ! Mais... avant de t'engager pour 345 ans et 6 mois (en Meuse ! as tu pensé aux retombées de Bure ??), vérifie quand même que tu es prête à assumer l'"Entrainement Branks"...euh... tu vois.... ce que je veux dire...moi, perso, je...bon... on est un groupe quand même...alors....
aa



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dry tooling


C'est drôle l'improvisation tout de même. Tiens ! Les Branks jouaient à "Rennaissances" * hier, et bien, comme à chaque fois, les acteurs de la prestation sont surpris par leur propre improvisation.
Ben mince, c'est allé dans ce sens, ah çà, mais tout le monde s'est retrouvé sous les chaises d'une terrasse, quoi mais quoi le morceau A a démarré dans le morceaux B alors que non, non, on jouait un truc complétement inconnu, mais hey que faisais tu donc les yeux plantés dans le décolleté de, ah oh la dis donc c'était haut le 3ème étage pour jouer du sax non, et wow la cascade, roulé boulé avec l'instrument, et bien voilà, il est détruit le tuba ah ça, bah bon ben ok c'est pas terrible de piquer directos sur le bitume, très bien très bien dis la marche militaire en chantant Frère Jacques, si si , on à ri, et puis hey d'ailleurs hey, j'ai cru vomir en me jetant dans la poubelle de la boulangerie, etc, etc.

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser cette étonnement est la garantie d'une véritable foi en l'improvisation (au moins de dire cela ca permet de mieux avaler les couleuvres de l'échec !!!). Chasser la mémoire, se servir de son expérience pour abandonner les habitudes, les réflexes (question des niveaux d'action d'une maitrise, d'un savoir de l'improvisation) et se laisser porter par les propositions de la Rue. Pas évident du tout. Reproduire est plus aisée (même si cela amène directement à l'enlisement). Et puis cette mémoire, encore cette mémoire, à la fois outil de progrès et ennemie fatale de la spontanéité. La peur parfois, la spéculation, la projection souvent, l'attente, l'hésitation certainement (qui n'a déjà regretté de n'être pas allé embrasser la belle blonde de la mégaboum en 1984 ? Penser empêche parfois la belle folie ....), la sortie de scène, ce sentiment d'être à coté par manque de clairvoyance ou de concentration.... tous ceci contribue à travailler l'écoute, la complète disponibilité à ce qui peut arriver, une certaine forme de bienveillance, et, au final, un dévissage de l'intention. Être ici et maintenant.

Mais enfin, les premiers surpris. Par les initiatives des uns et des autres ou par les possibilités et les richesses de la découverte sur le tas. Finalement cette aventure commune est la somme des aventure individuelles plus ce supplément - le plus important au bout du compte - qui élève le groupe au dessus des individus. Ceci bat en brêche la théorie libérale des intérêts individuels formant le souhait collectif * , soit dit en passant. Car, ici, il s'agit bien d'une synergie, d'une mutualisation des moyens, d'une entraide, d'une compréhension que cette altitude d'invention n'est accessible que par la collaboration au service non pas de soi mais du tout, de l'ensemble.
Mais bref, mais bref, ce 3 juillet 2010, les deux sets de Bar-le-Duc ont permis de s'amuser de la Rue et du public, ils ont permis de tenter de s'épater....